À qui sert le droit des femmes de disposer de leur corps ? (lun., 12 mars 2018)
Capture d’écran 2018-03-06 à 21.27.55.pngUn article de Ana-Luana Stoicea-Deram (Militante féministe et Présidente du Collectif pour le Respect de la Personne) Les femmes ont obtenu la libre disposition de leur corps beaucoup plus tardivement que les hommes, et d’ailleurs cette liberté n’est toujours pas acquise pleinement. "Je suis un objet. J'assume toute responsabilité pendant six heures". C'est ce qu'avait indiqué l'artiste serbe Marina Abramovic sur un écriteau, pour instruire le public de sa performance Rhythm 0 (Naples, 1974). Dans la salle, rien ne séparait le public et l'artiste. Une table était installée, sur laquelle celle-ci avait déposé plusieurs objets (parmi lesquels des plumes, une rose, une barre de fer, un pistolet, une balle) en précisant:"Il y a 72 objets sur cette table, que l'on peut utiliser à volonté sur moi". L'artiste elle-même se tenait debout, silencieuse. Au début, les gens avaient été gentils, curieux, l'ont approchée, l'ont touchée; au fur et à mesure que le temps passait, ils sont devenus agressifs, voire violents. Ils lui ont déchiré les vêtements, entaillé la peau, léché le sang. Un critique d'art avoue avoir quitté la salle au bout de trois heures, après avoir assisté à des agressions sexuelles sur l'artiste. Vers la fin, quelqu'un lui a mis le pistolet chargé de la balle dans la main, et le doigt sur la gâchette. Lorsque le gardien de la galerie est venu signaler la fin de la performance, que l'artiste a commencé à bouger et à se diriger vers les spectateurs, ceux-ci se sont enfuis. Ils n'ont pas pu faire face à la personne qu'ils avaient maltraitée lorsqu'elle s'était dite -volontairement- objet. Le corps humain n'est pas un objet. Il est rattaché à la personne. Le corps et la personne font un, car l'individu ne saurait exister abstraitement. Le corps est partie intégrante de la personne de son vivant, comme après son décès; c'est pourquoi la dépouille doit être traitée avec respect, dignité et décence. Le Code civil précise (art. 16-1) "Le corps humain est inviolable. Le corps humain, ses éléments et ses produits ne peuvent faire l'objet d'un droit patrimonial". Avoir la maîtrise de son corps signifie avoir la maîtrise de soi-même, la maîtrise de sa vie, dans toutes les dimensions que celle-ci peut prendre. Disposer de soi, disposer de son corps correspond à une liberté conquise, historiquement, dans des mouvements d'émancipation et d'autonomisation des personnes. Lire la suite sur le Huffington Post
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Héroïnes manipulées ou les beaux-arts de la mort (dim., 11 mars 2018)
41HRrmG4SFL._SX195_.jpg Fanny Levy : Héroïnes manipulées ou les beaux-arts de la mort: Elizabeth von Arnim, Ingeborg Bachmann, Jean Rhys, Zeruya Shalev, Laura Kasischke Vera, Franza, Quatuor, Vie amoureuse, A suspicious River. Cinq histoires d’amours manipulés, de maladie à la mort. Histoires qui se déroulent dans les lieux intérieurs ; l’inferno du couple ; le côté obscur des sentiments ; le Mal triomphant. Mal : la perversion narcissique, dont on parle beaucoup, montrée au cinéma, moins étudiée en littérature. Dans les cinq romans qui font l’objet de cet ouvrage, Fanny Lévy analyse un processus d’asservissement, de démolition et d’élimination. Elle questionne les crimes raffinés et occultés qu’Elizabeth von Arnim, Ingeborg Bachmann, Jean Rhys, Zeruya Shalev et Laura Kasischke mettent en scène. Cinq itinéraires désespérés, cinq façons de suivre les lents chemins de la mort, cinq héroïnes manipulées qui sont également emblématiques de la souffrance : à Lucy, Franza, Marya, Ya’ara et Leila, Fanny Lévy se sent unie par un lien affectif. Cette étude nous fait comprendre les mécanismes de la dépendance et de la manipulation perverse. Plus d'informations sur l'auteure : Née en Charente (Angoulême), Fanny Lévy tient un journal depuis son enfance et un cahier de rêves depuis des années. Elle a fait des études de Lettres à Bordeaux (Son mémoire de maîtrise portait sur « Molière et l’art du mime ») et a été admise en deuxième année de troisième cycle de philosophie à Poitiers. Professeur de Lettres dans divers collèges d’Angoulême, de La Rochelle et de Metz, elle a animé des ateliers d’écriture avec ses élèves et gagné avec une classe de B.E.P. le premier prix du concours national de la presse écrite et, avec une classe de 4e technologique, le premier prix national de la nouvelle Nathan (nouvelle intitulée « Et mon nom sera voyageur ».) Elle a correspondu avec les écrivains Louis Nucera, Claude-Louis Combet  et André Chouraqui. Elle a fait partie de la troupe du petit Marseille à Rochefort où elle a joué le rôle de Yaphel dans « Mamayaga », une pièce écrite et mise en scène par Jean-Pierre Chalot. Elle a été durant sept ans écoutante à SOS Amitié. Elle a un fils et deux petites filles. Plus d'informations sur l'ouvrage ISBN : 1030901244 Éditeur : EDITIONS ORIZONS
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Yvette Roudy : pionnière du droit des femmes (sam., 10 mars 2018)
yvette-roudy-88-ans-loeil-vif-et-du-franc-parler-dans-son-appartement-parisien.jpg Un article de Odile Faure Elle est la pionnière du droit des femmes, une sorte d’icône chez les Françaises engagées, comme l’est encore Simone Veil. C’est sans doute pour cette raison que Marlène Schiappa, lui a consacré son premier rendez-vous (lire ci-dessous). Yvette Roudy a dit à la benjamine d’être « une véritable emmerdeuse pour obtenir les choses », rapporte l’entourage de la secrétaire d’État… À 88 ans, Yvette Roudy reste la plus grande « emmerdeuse » de la Ve République en matière de droits des femmes. Première « ministre » et la seule à ce rang, choisie par François Mitterrand. Aujourd’hui, elle vit une retraite paisible mais non moins active, dans le 15e arrondissement de Paris. Sur son bureau, avec vue sur la tour Eiffel, elle termine la préface de « La Femme mystifiée… Rendez-vous Sud Ouest pour lire la suite !    
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