Mélanie Traversier

Mélanie Traversier est maîtresse de conférences en histoire moderne à l’Université de Lille et membre de l’Institut Universitaire de France. Ses recherches portent sur l’histoire sociale du spectacle et l’histoire des femmes et du genre dans l’Europe des Lumières. Depuis 2013, elle siège au conseil d’administration de l’association Mnémosyne et participe au comité de rédaction de la revue Genre&Histoire.

Elle a notamment publié Gouverner l’opéra. Une histoire politique de l’opéra à Naples (1767-1815) (EFR, 2009) ; Musiques nomades : objets, réseaux, itinéraires pour la revue Diasporas (26/2015) et Le Journal d’une reine (Champ Vallon, 2017). Récemment, elle a coordonné le volume La mécanique de la représentation. Machines et effets spéciaux sur les scènes européennes (XVe-XVIIIe siècles) pour la Revue d’Histoire du Théâtre (mai 2018) et codirigé La musique a-t-elle un genre ? (Éditions de la Sorbonne, 2019). Elle prépare actuellement un ouvrage sur les rapports entre musique, sciences et innovations techniques au XVIIIe siècle. Elle est également comédienne.

 

 

« La musique a-t-elle un genre ? » : la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l’ombre les femmes artistes.

Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d’invisibilisation des musiciennes à l’oeuvre tant dans l’historiographie que dans l’imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l’enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d’éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d’hier et d’aujourd’hui.