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Nous étions au SOMMET W7 des ONG féministes

Dans la perspective du SOMMET du G7 qui aura lieu en Aout à Biarritz sous présidence française, un SOMMET W7 des ONG féministes s’est tenu à Paris le 9 Mai.
Il regroupait des ONG françaises et étrangères voulant interpeller les gouvernants du G7 pour prendre en compte l’Égalite des genres, l’autonomisation des femmes dans le domaine économique et social et la nécessité de prendre des engagements financiers pour la faire progresser avec des politiques transformatives. Sous la pression de divers conservatismes on observe une régression de la situation des femmes en matière économique / salariale, en matière de santé reproductive, de violences. Des politiques transformatives en faveur des femmes peuvent-elles faire progresser et remédier à cette situation ?
La présidence française a réaffirmé son soutien à une politique et une diplomatie féministe, soutien aux projets féminins en Afrique avec financement, aide au développement de 120 millions d’euros, soutien au nouveau Conseil exécutif lancé en 2018 sous la présidence canadienne.
Marlène Schiappa secrétaire d’État à l’Égalite avait convoqué à Paris une réunion interministérielle des Ministres de l’égalité des pays du G7. Une réunion de restitution de leurs recommandations a eu lieu avec les Ministres Membres du Conseil exécutif et les ONG le 10 mai 19. Nous y assistions également.

 Les questions économiques sont prioritairement débattues dans ce sommet mais on doit rappeler qu’en 2018 lorsqu’il eut lieu sous présidence canadienne, le président TRUDEAU, alerté par les ONG, a incité ses collègues sur la question de l’égalité des genres comme paramètre important pour l’ensemble des politiques. Il a inauguré le lancement d’un Conseil exécutif pour l’égalité avec des experts et personnes qualifiées chargé de présenter et défendre l’égalité des genres dans les discussions et négociations du G7.
Des groupes d’ONG se sont constitués dans différents pays pour créer un mouvement mondial et faire des recommandations aux gouvernants réunis pour les problèmes et besoins particuliers  de leurs groupe ( femmes, jeunesse, environnement etc…) Feminists-Counts a soutenu les revendications concernant les femmes en particulier la question du financement de programmes, les budgets s’avérant partout insuffisants : un engagement financier pour des politiques transformatives et des actions en faveur des femmes. 
De son coté la présidence française a réaffirmé sa volonté de faire de l’égalité des genres la marque du quinquennat, de mener une diplomatie féministe, d’apporter une aide financière pour le développement spécifiquement dédiée à des projets féminins en Afrique. En vue de la préparation au Sommet G7 le président a décidé de convoquer le conseil exécutif ou plusieurs nouveaux membres ont été nommés.
La secrétaire d’État pour l’égalité, Marlène Schiappa a organisé en Avril–Mai à Paris une réunion interministérielle des Ministres pour l’Egalité des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume Uni) auxquels s’est jointe la Commissaire pour l’égalité de l’Union Européenne afin de formuler des recommandations qui seront présentées à Biarritz.
Concernant les ONG, une coalition–Genre-W7 s’est constituée en France pilotée par L’AFFDU qui fait partie du Copil dans cette coalition et a participé aux réunions de travail et au SOMMET WOMEN 7 organisé par la coalition à l’UNESCO le 9 Mai 2019. Il regroupait des ONG françaises ainsi que des invités du monde entier (Afrique, Amérique Latine, Japon, Viet Nam, Canada). 
Le Manifeste insiste sur le fait que deux leviers prioritaires sont essentiels pour permettre de véritables avancées i.e augmentation des ressources financières allouées aux associations et ONG féministes qui à tous les niveaux (local, national, international) ont la légitimité pour permettre une mise en œuvre et assurer un impact concret et durable,
i.e l’évolution vers une participation pleine et active des femmes aux processus de décision en reconnaissant la diversité des femmes et en donnant une voix active à chacune quels que soient les privilèges ou au contraire les situations de vulnérabilité auxquelles elle fait face.
Les recommandations des ONG ont été présentées au Conseil exécutif et transmises aux Ministres de l’égalité réunis.
Elles soulignent la nécessité de favoriser l’autonomisation des jeunes filles et des femmes en termes de santé, d’éducation et de lutte contre toutes les violences.
La nécessité de promouvoir leur « empowerment » (montée en puissance disent nos amies canadiennes).
Mais aussi la redevabilité, c'est-à-dire apporter la preuve que les fonds votés sont alloués, utilisés pour les programmes et actions auxquels ils sont destinés et qu’une évaluation montre leur impact et pérennité.
L’AFFDU qui depuis toujours a soutenu l’éducation comme levier indispensable pour faire évoluer la situation des filles et des femmes, adhère à ces déclarations.
Lors de la restitution les ministres sont intervenus :
--La ministre allemande défendant les droits sexuels et reproductifs comme droits humains a été particulièrement applaudie car on constate une régression très inquiétant dans beaucoup de pays y compris des pays européens ainsi que les États-Unis et des pays africains et asiatiques. La ministre canadienne soulignait que de nombreuses femmes américaines viennent solliciter les services de santé canadiens. Des africaines ont souligné les ravages que cette rétrogression amène chez les filles victimes de nombreux abus et sans défense.
Vingt-cinq ans après la déclaration et la Plateforme de Pékin, qui avait permis des avancées historiques pour les femmes du monde entier, il semble que le conservatisme, l’obscurantisme progressent pour réprimer les femmes dans un monde qui parallèlement prône la consommation, prône des technologies les plus avancées et acclame l’intelligence artificielle en dépit des questions techniques éthiques qu’elle est susceptible de soulever.
Les ONG demeurent mobilisées jusqu’à la réunion du Sommet à Biarritz et on anticipe une mobilisation active des ONG pendant ce sommet
Renée Gérard qui (avec Claude Mesmin avait participé au Copil) a été chargée de représenter l’AFFDU à ce SOMMET 7 le 9 mai et à une réunion de restitution avec les Ministres organisée par Madame Schiappa.

Renée Gerard